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[Poèmes] Mon ami Charlot
| D’entre ces chevaux, bâtis comme lui, Pourquoi donc ce choix, le montrant du doigt. Pourquoi est-ce lui, que l’on a choisi, Pour descendre le puits, dans son désarroi. Comme un condamné, aux travaux forcés, Il pense parfois, à ces lieux champêtres, Là où sont ses frères, là où il est né, Il va marchant en baissant la tête. Il est courageux, fort et puis nerveux, C’est ce que l’on dit, en parlant de lui, Puis il est malin, ni jeune ni trop vieux, Il travaille la nuit, le matin aussi. Dans leur écurie, ils sont pourtant trois, Trois chevaux moroses, un pour chaque pause ? C’est le plus doué, qu’on prend chaque fois, Ses deux compagnons ne valent pas grand chose. Il en a tiré de ces longs convois, Tous ces wagonnets, emplis de charbon, Il s’est tant blessé, contre les parois, Qu’il en a perdu, un jour, la raison. C’est désespéré, qu’il a retrouvé, Ses deux compagnons, près de leur mangeoire, C’est trop fatigué, qu’il s’est affalé, Pour leur dire adieu de ses yeux hagards. Il est remonté, toujours écumant, Le long de ces puits, défiant la mort, Il est remonté, les naseaux fumants, Et dans mon esprit, il existe encore. Alexandre Lambrix, 1991 |
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