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[Chaîne des Peuples] Le petit Maghreb
Mineurs
maghrébins, descendants de mineurs maghrébins, merci de nous aider à raconter
votre histoire en Wallonie!
Jusque 1920, les immigrations économiques belges proviennent surtout des
pays voisins. A partir de 1922, l'immigration italienne commence, suivie dès
1925 de celle en provenance des pays de l'Est. 3000 Marocains passent à cette
même époque par
les charbonnages belges. Jeunes et sans famille, ils viennent surtout du Sud
marocain (vallée du Sous et montagnes de l'anti-Atlas). Ils retourneront
généralement vers leur pays d'origine ou vers la France suite à la crise
économique ou à la guerre. En 1930, 18% des mineurs de Belgique sont des
étrangers, dont un quart de Maghrébins. L'immigration marocaine reprend, mais
plus discrètement, dès 1936. Pendant la guerre, les soldats marocains sont
bien présents dans l'armée française - ils l'étaient déjà lors de la
première guerre mondiale - et tombent notamment à la bataille de Gembloux en
mai 40. Certains rejoignent la Résistance.
Après la guerre et la fermeture des frontières avec les pays de l'Est, l'immigration italienne est dominante. L'accord italo-belge de 1946 prévoit d'envoyer en Belgique 2000 ouvriers par semaine. Mais la catastrophe du Bois-du-Cazier (1956) dans laquelle périssent 252 mineurs, dont 163 Italiens, pousse l'Italie à bloquer l'émigration vers la Belgique. Arrivent alors, dans les années 55-60, les immigrés espagnols et grecs. Immigrent aussi des Juifs hongrois, polonais, égyptiens, maghrébins et congolais originaires de Rhodes. L'expansion économique des années 60 nécessite une main d'œuvre abondante; aux immigrés espagnols, grecs et portugais s'ajoute une immigration marocaine et turque.
Le 17 février 1964 est signé l'accord belgo-marocain de recrutement de main d'œuvre qui poursuit un but économique mais aussi démographique: la Belgique compte sur le regroupement familial pour redresser la courbe de la natalité du pays. C'est le début d'une immigration massive, principalement issue du monde rural (surtout du Rif), sans qualifications, mais aussi d'opposants au régime marocain. En 1961, 461 Marocains vivent en Belgique. Ils sont près de 40.000 en 1971. Les familles marocaines immigrent au moment où l'économie glisse du secteur secondaire (charbonnages, sidérurgie, construction) vers le tertiaire (services). Elles s'installent alors dans les villes. Et à l'intérieur de la capitale, principalement autour des gares, à Molenbeek, Schaerbeek, Bruxelles Capitale et Anderlecht. Une carence locale permanente dans le domaine des soins de santé et des services domestiques va permettre à de jeunes femmes immigrées de s'insérer dans le marché du travail. Au lendemain du choc pétrolier, le gouvernement belge décide l'arrêt de l'immigration étrangère. Il s'accompagne d'une campagne de régularisation de 8500 Marocains et Turcs et de la reconnaissance du culte islamique, amorcée par le rapprochement entre les familles royales de Belgique et d'Arabie Saoudite suite à la solidarité du Roi Fayçal avec les victimes de l'incendie de l'Innovation. Rapprochement qui aboutit à la transformation de l'ancien Centre culturel ottoman du Cinquantenaire en Centre culturel islamique. La fermeture des frontières va ralentir le "retour au pays" des travailleurs et consolider les cellules familiales grâce au regroupement. L'encouragement au retour des familles ne fera guère d'émules: celles qui ont opté pour le départ ont vécu d'amères désillusions qui les ont poussées à revenir en Belgique après quelques mois. Les immigrés marocains s'installent alors en Belgique de manière définitive, une politique d'intégration voit le jour. La loi Gol (1984) octroie la nationalité belge aux immigrés de deuxième (en cas de mariage mixte) et troisième génération, les naturalisations se multiplient, ce qui complique dès lors l'estimation des Marocains d'origine présents en Belgique. En 2000, les Marocains sont 121.984, ce qui fait d'eux la deuxième communauté étrangère de Belgique, derrière les Italiens. |
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